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Tombouctou : Le ministre de la santé s’enquiert de la situation du coronavirus

Michel Hamala Sidibé a visité le centre de prise en charge des malades de la pandémie et a demandé l’implication des autorités traditionnelles pour la sensibilisation sur le respect des mesures barrières

Jeudi dernier, le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala Sidibé, a effectué une visite de travail dans la Région de Tombouctou. Il a été accueilli à sa descente d’avion à l’aéroport par le gouverneur de la région Koïna Ag Ahmadou en présence du président de l’autorité intérimaire, du maire. Après cet accueil, il a rencontré les notabilités, l’imamat, les chefs de quartier, les chefs de services régionaux, les jeunes et les femmes autour de la problématique de la Covid-19 dans la région.

Michel Hamala Sidibé a d’entrée de jeu signifié à ses interlocuteurs qu’il est en mission du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta et du chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé. À travers cette mission, il s’agissait pour lui d’être au plus près des populations et des techniciens pour s’enquérir des conditions de travail, envisager des solutions aux difficultés que les agents rencontrent sur le terrain. Le ministre et sa délégation ont visité le centre de traitement de la Covid-19 de l’hôpital de Tombouctou. Dans ce centre aménagé pour la circonstance dans la cour de l’hôpital, un grand bâtiment et plusieurs tantes climatisées sont réquisitionnées pour accueillir les malades de Covid-19.

Ces infrastructures d’une capacité de plus 40 lits, selon Dr Charles Dara, infectiologue, sont reparties en 3 zones (rouge, jaune et vert). Dr Dara a fait savoir que tous les malades atteints de la Covid-19 (au nombre de 17) sont dans un état stable à part un seul qui est sous oxygénation.

La moyenne d’âge des patients est de 53 ans. Dr Dara a ajouté qu’à la date du 21 mai l’hôpital a enregistré 175 personnes contacts qui sont aussi suivies. Le ministre a aussi entendu les problèmes du centre que sont l’insuffisance du personnel, le manque d’équipement, l’amélioration des espaces d’accueil pour une éventuelle explosion de l’épidémie, entre autres. Le ministre a instruit que tous les cas contacts soient prélevés et analysés afin de décharger ceux qui ne présentent pas de signe de la maladie et au besoin confiner ceux qui devraient l’être.

Le gouverneur Koïna Ag Ahmadou a fait une présentation de la situation du coronavirus qui a fait son apparition le 6 avril 2020, avec un cas diagnostiqué à Bamako, chez un policier de la force internationale MINUSMA. Tous ces cas ont été suivis selon les normes de confinement. La région a enregistré 31 cas positifs, dont 5 femmes, 3 décès, 246 contacts, dont 89 libérés indemnes de la Covid-19 et 157 personnes font l’objet de suivi. Cette situation est sans doute liée à l’inobservation des mesures barrières édictées par le gouvernement, singulièrement les mesures de distanciation sociale, l’insuffisance du port de masque.

Malgré les multiples sessions de formation de la société civile, la communication, la sensibilisation à travers les médias, l’approche porte à porte menée par les acteurs culturels contre la Covid-19, beaucoup de personnes ne croient pas encore à l’existence de la maladie dans la Région de Tombouctou.

Le gouverneur a confirmé que les 130 millions de Fcfa d’aide du gouvernement ont été reçus et répartis selon une clé de répartition à savoir 50 millions pour la direction régionale de la santé et 80 millions pour le centre de traitement. Des contributions en nature ont été reçues des partenaires engagés dans lutte contre la Covid-19 dans la Région de Tombouctou. Le ministre Michel Hamala Sidibé a félicité tous les acteurs qui s’emploient au quotidien pour trouver des solutions. Il a salué la synergie d’action de l’administration et des structures de la santé. Au cours des échanges, il a fait savoir à l’assistance qu’aucun sérum ou vaccin n’est encore disponible pour la Covid-19.

Le seul moyen reste la prévention qui consiste à respecter les consignes à savoir le respect de la distanciation, le port du masque, le lavage des mains au savon, éternuer ou tousser dans le coude, éviter les poignées de mains, les grands rassemblements entre autres. Il a fait aussi comprendre que cette maladie a touché toutes les puissances du monde, affecté les économies et a freiné tous les efforts de développement.

À propos du manque de personnel, le ministre a souligné que bientôt le directeur des ressources humaines du département mettra des médecins et des infirmiers à la disposition de la santé de Tombouctou. Les équipements seront aussi renforcés et le chef du département a promis de doter au moins une des régions du Nord en laboratoire mobile pour dépister la maladie à temps pour la prise en charge au lieu de se référer à chaque fois à Bamako. Il a ramené dans ses bagages au retour sur Bamako, 88 échantillons prélevés sur lesquels après analyse, il y a eu 34 positifs.

Avant de quitter la Cité des 333 saints, le ministre a rencontré les imams de la ville chez l’imam de la mosquée Djingareyber Abdrahamane Ben Essayouti. À ce dernier et aux autres, il a demandé qu’il s’implique dans la sensibilisation sur la pandémie et des prières afin de juguler ce mal qui n’épargne personne. Il a fait comprendre que la Covid-19 tue plus de personnes âgées que de jeunes. Ces derniers sont des vecteurs de contagion sans pour autant développer la maladie. Promesse lui a été faite de multiplier les séances de sensibilisation.

Moulaye SAYAH
Amap-Tombouctou

 

 

 

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Michel Sidibé, ministre malien : "Hormis le Covid-19, d'autres pathologies sont tueuses en Afrique"

Le ministre de la Santé et des Affaires sociales malien, Michel Sidibé, affiche son optimisme quant à la situation sanitaire dans son pays, estimant que la jeunesse de la population, sa faible densité et les mesures préventives, comme le port du masque, la fermeture des frontières et celle des écoles ont permis d’endiguer la pandémie.

"Nous avons anticipé, le gouvernement a pris des mesures fortes pour nous permettre de contrôler l’explosion de cette pandémie", déclare-t-il dans un entretien accordé à France 24 depuis Bamako. Le Mali enregistre pour l’heure, 60 décès liés au coronavirus et 1059 cas officiellement confirmés.

Le ministre défend la décision de ne pas fermer les mosquées du pays, soulignant que les mesures prises par le gouvernement devaient être "acceptables" par la population et que le choix a donc été laissé aux autorités religieuses.

Michel Sidibé estime, par ailleurs, que l’Afrique ne sera pas le prochain épicentre de l’épidémie après la Chine, l’Europe, les États-Unis, et désormais l’Amérique latine, ajoutant que les pronostics de "millions de morts" sur le continent, émis notamment par le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, ne se réaliseraient pas, mais qu'ils avaient, en revanche, servis à mobiliser l’Afrique.

Le ministre de la Santé malien redoute, avant tout, le "tsunami économique et social", qui va suivre le "tsunami sanitaire". "On se prépare à ce deuxième tsunami, dont les vagues peuvent faire plus mal à notre continent que cette première vague sanitaire", affirme-t-il.

"Ne pas fermer les yeux sur les autres chantiers"

Concernant le traitement de la maladie, Michel Sidibé assure que, suite à la décision de l’OMS de suspendre ses essais cliniques sur la chloroquine et ses dérivés, le Mali est prêt à suspendre l’utilisation de la chloroquine, ajoutant que les autorités sanitaires maliennes allaient consulter les organisations régionales et les voisins à ce sujet.

Il dévoile également que le Mali est disposé, en l’absence de traitement et de vaccin, à essayer le Covid-Organics, remède issue de la médecine traditionnelle, préconisé par Madagascar et qui a d'ores et déjà été distribué dans plusieurs pays africains.

Enfin, Michel Sidibé, qui est également l'ancien patron de l’Onusida, lance un cri d’alarme concernant les risques que fait peser la pandémie sur la lutte contre les maladies infectieuses sur le continent comme le VIH et le paludisme, estimant que l’interruption de l’approvisionnement en traitements et en vaccins, suite aux mesures prises contre le coronavirus, pourraient ainsi avoir des conséquences bien plus mortelles en Afrique que la pandémie actuelle. "Il ne faut pas fermer les yeux sur les autres chantiers", déclare-t-il, "d'autres pathologies sont présentes en Afrique et elles sont tueuses".

A écouter l'entretien sur France 24

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